Jette ton pain à la surface des eaux

 

logo luther 2017Pour le mois de mai, nous partagerons une réflexion sur le thème : « jette ton pain à la surface des eaux ». Thème qui sera repris lors de notre culte du dimanche 11 mai, pendant la prédication.

Nous espérons que vous serez nombreux à commenter cet article afin d’alimenter notre réflexion paroissiale autour du semainier « 2017, nos thèses pour l’évangile ».

« Jette ton pain à la surface des eaux » Quel pain ? Quelles eaux ?

Par ce verste, l’Ecclésiaste nous invite à vivre notre vie dans la générosité sans calcul. Quelle générosité ? Aujourd’hui, provoqués par des soucis multiples, nous voulons sécuriser la vie, mesurer « notre pain », maîtriser les flux, éviter toute instabilité, calculer l’investissement et le retour sur investissement. Quelle alternative proposer ?

Quelques références bibliques pour réfléchir : Ecclésiaste 11, 1-4 ; Marc 8, 34-37 ; Luc 9, 13-15

 

A vos claviers, prêts… commentez !

3 thoughts on “Jette ton pain à la surface des eaux

  1. Quelques siècles de pensée humaniste nous ont donné l’habitude de considérer que l’Homme maîtrise son environnement par son habileté, ses connaissances et sa technologie. Et ce point de vue est bien entendu souhaitable pour une part, et en partie vrai.

    Simplement, nous ne devons pas oublier que même dans une prédictibilité relative, notre incertitude reste absolue. Quels que soient nos compétences ou nos garanties, nous ne pourrons jamais maîtriser l’ensemble des paramètres, et ne pourrons jamais empêcher l’imprévu. Et cet imprévu peut s’avérer inquiétant : déconvenues, déceptions, échec d’un projet, perte de ce qui nous est cher, et ainsi de suite, jusqu’à l’ultime revers qu’est la mort.

    Mais l’imprévisible est aussi source de vie. Nous avons l’habitude, dans notre vie active, de gérer la part prévisible, de notre existence. Nous sommes à l’aise dans un univers relativement fini et maitrisable. Mais ce qui est infini, Dieu ou sa création, s’attache toujours à nous surprendre.

    Ainsi, la vie trouve toujours un chemin, improbable, étonnant, parfois tortueux, comme un arbre qui surgit entre les pierres. Que nous le voulions ou non, nous trouverons toujours devant des circonstances inédites, heureuses, ou malheureuses, exaltantes ou inconfortables (les deux n’étant pas incompatibles), qui dépassent notre bon sens habituel. Et bien heureusement, car cette irruption d’impossible sur notre chemin nous fait trouver bien plus que ce que nous cherchions. Bien plus que ce que nous voulions pour nous-mêmes et que nous aurions de toute façon fini par perdre.

  2. La présentation de ce semainier me gêne et me parait même manipulatrice et rétrograde. Bien évidemment dans les pays développés nous devons à tous les niveaux, individu, famille, état, avoir une gestion financière raisonnée, faire de bons calculs et de bons choix économiques, prévoir en sachant qu’il y aura toujours des imprévus. Il s’agit de moyens dont la bonne utilisation permet intégration sociale, liberté et développement économique.

    Mais il y a deux dérives. La première c’est d’en faire une fin, c’est le danger du matérialisme.
    Le deuxième qui est la contrepartie du bon niveau relatif de satisfactions matérielles atteint par la majorité de la population dans les sociétés développées, c’est l’égoïsme, le repli dans son confort et sa tranquillité.
    Il est donc important de rappeler qu’il y a une hiérarchie des valeurs et que la gestion du quotidien ne suffit pas à donner du sens à la vie, n’est pas l’essentiel.
    La générosité est une de ces valeurs essentielles, elle ne se résume pas au don, à l’aide financière. La générosité c’est aussi pardonner, avoir de l’empathie, de la sympathie pour l’autre qui est si différent de nous, savoir écouter, être disponible, donner de son temps.

    La générosité fait partie de l’amour du prochain, elle fait donc partie du message chrétien, mais elle est incluse également dans le message de la morale laïque.

  3. A la gloire de l’Eternel,

    Les textes qui nous sont proposés suggèrent selon moi l’idée d’un abandon, d’un lâcher-prise, d’une confiance que nous pourrions placer dans notre Père Céleste.
    « Jette ton pain à la surface des eaux car avec le temps tu le retrouveras »

    Par la confiance que nous avons dans notre Seigneur Jésus-Christ, nous pourrions nous défaire de choses qui nous sont précieuses (notre Pain), sans crainte de les perdre puisque cet abandon serait ainsi temporaire, le texte nous disant « avec le temps tu le retrouveras », comme si tout s’équilibrait d’une manière ou d’une autre au fil du temps visible ou invisible.
    Cette confiance nous permettrait d’aider notre frère, notre sœur, sans attendre nécessairement d’eux une quelconque réciprocité, puisque le Maître du temps et d’une partie de ses évènements, notre Seigneur, ne nous laisserait pas nous même dans le vide en cas de manque.

    Jeter son Pain consisterait peut être à donner davantage de son temps, lequel file comme l’eau s’écoule : trop rapidement.

    Nous ne connaissons pas l’œuvre de Dieu qui fait tout, comme nous le rappelle le texte de l’Ecclésiaste au 11.5. Mais la confiance que nous pourrions placer en Dieu fait que nous aurions moins peur de l’avenir, de l’inconnu, des difficultés rencontrées. Cette confiance serait pour nous une sorte d’abri réconfortant qui rendrait à notre être profond la liberté de s’ouvrir aux besoins de l’autre.

    Cette idée de jeter son pain à la surface des eaux me fait penser aussi à l’idée de jeter une bouteille à la mer contenant un message, avec la possibilité qu’un autre de nos semblables puisse recevoir ce message.
    L’idée d’établir une passerelle est peut être aussi induite par le fait que ce serait à la surface des eaux que nous jetterions notre Pain.
    Une passerelle vers l’autre pour que les relations au sein de notre société soient davantage des relations de confiance, d’entraide et de bienveillance.

    Les 2 autres références bibliques du Nouveau Testament tendent à montrer, selon moi, que nos inquiétudes doivent retourner à la poussière à partir du moment où nous plaçons notre confiance en Jésus-Christ qui peut pourvoir à nos insuffisances, à nos manques.
    L’idée de « renoncer à soi même » pour les autres, pour le bien, évoque selon moi le renoncement aux valeurs de nos enveloppes corporelles (l’accumulation des richesses pour soi, la recherche de plus de choses matérielles).
    Les miracles qui nous sont rappelés dans l’extrait de Luc sont pour moi un signe fort que l’abandon dans la confiance est possible.

    Mais tout cela peut se heurter à la fragilité de notre propre foi. Comment s’abandonner à ce qui peut apparaître comme de l’irrationnel ?
    Peut être parce que nos vies montrent que les parts de rationnel et d’irrationnel sont à peu près équivalentes…

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