Ne pas s’inquiéter, comme les oiseaux du ciel…

 

logo luther 2017Nous reprenons pour février notre semainier « 2017, nos thèses pour l’évangile ». Nous vous proposons cette fois d’échanger et de partager sur un nouveau thème.

Ne pas s’inquiéter, comme les oiseaux du ciel. Ne pas amasser… Est-ce encore audible dans la société de consommation et d’accumulation ? 

Le message libérateur de la grâce de Dieu nous donne l’assurance que nous n’avons pas à nous soucier du lendemain. Fondamentalement, seule compte la relation à Dieu et par lui au prochain. Les protestants, libérés de l’angoisse de leur salut, ont prôné une forme de sobriété, et ont su investir dans le monde et prospérer.
Aujourd’hui priment l’avoir, la possession, le besoin d’accumuler, pour être reconnu et exister socialement. Par rapport aux logiques consuméristes, quelle parole voulons-nous affirmer ?

Quelques références bibliques pour réfléchir : Matthieu 6, 19-34 ; Marc 10 17-27

A vos claviers, prêts… commentez !

3 thoughts on “Ne pas s’inquiéter, comme les oiseaux du ciel…

  1. A la suite du culte de ce dimanche, je vous livre à nouveau trois thèses dans cadre de la question du semainier, inspirées des paroles de Jésus dans Matthieu 6, 19-34 :

    1. Jésus disait « Ne vous inquiétez pas … ».
    Pour sortir de l’inquiétude, la foi chrétienne doit lever les silences et les non-dits anxiogènes de notre société sur la maladie et la mort.

    2. Jésus disait « La vie est plus que la nourriture … »
    En contestant la société de consommation, la foi chrétienne ne doit pas nier les nécessités de la consommation, mais le fait qu’elles deviennent le centre de la société. Elle doit faire apparaître l’importance plus vitale encore de l’attention au prochain.

    3. Jésus disait « Regardez les oiseaux … »
    Vivre sous la grâce est le contraire de vivre dans l’inquiétude. La foi chrétienne, pour inciter à cette découverte de la gratuité, doit valoriser l’ouverture esthétique vers ce qui n’a pas de prix, le sens de la contemplation.

  2. Deux affirmations générales, et évangéliques, peuvent nous guider :
    - Donner la priorité à témoigner l’évangile, à aimer et servir les autres, et donner la priorité à la recherche personnelle de la richesse et son accumulation (ou au pouvoir) sont deux priorités qui s’excluent mutuellement.
    - Les choses essentielles ne sont ni à vendre, ni à acheter.

    Concrètement dans notre pays aujourd’hui :
    Il y a un paradoxe. D’une part, alimenté par la publicité, les médias, et l’air du temps, une obsession sur l’argent et une consommation excessive, pour des motifs de statut social, de conformisme, par désir de puissance voire pour combler un vide intérieur.
    D’autre part, majoritairement, les français sont depuis longtemps mal à l’aise avec la notion d’argent ; l’argent les culpabilise. Cela conduit depuis un certain temps à une situation dangereuse pour la cohésion sociale et le développement économique où l’argent, la richesse et même des groupes sociaux sont dénoncés et stigmatisés, par les mêmes médias, et les politiciens.

    Il faut clarifier et dédramatiser ces notions d’argent et de richesse.
    L’homme d’aujourd’hui est responsable économiquement. En contrepartie d’un travail il reçoit un salaire ou un revenu ; il doit ensuite faire un budget, planifier un investissement, prendre des décisions de prévoyance. Tout cela est technique, neutre. Les jugements de valeur ne peuvent porter que sur deux choix : comment l’argent est-il gagné, pour quel objectif ? Comment est-il est utilisé ? Ces choix dépendent des convictions de chacun, il est souhaitable qu’ils soient faits avec un bon jugement et dans un esprit de sobriété.
    Sur le plan macro-économique un consensus apaisé pourrait être atteint sur un principe de référence pour la politique économique de l’Etat qui pourrait se résumer ainsi : l’objectif économique de l’Etat est d’accroître la richesse du pays en veillant à ce que cet accroissement bénéficie à toutes les catégories sociales, de la façon la plus juste possible.

    Que peuvent apporter les protestants ?
    Ils peuvent traduire les enseignements de l’évangile concernant la richesse et l’argent pour notre société d’aujourd’hui. Ils peuvent aider à clarifier, et apaiser les débats et comportements concernant la richesse et l’argent.
    Il ne s’agit pas d’intervenir dans la vie politique, ni d’établir une « morale protestante » mais de donner notre position sur des sujets importants, dans notre pays, aujourd’hui .
    Cela est difficile, et fera probablement débat dans notre Eglise, mais pouvons nous rester inaudible ?

  3. Je comprends la question sous cet angle : pouvons-nous pleinement vivre avec Dieu si nous profitons d’une prospérité matérielle ?

    Car après tout, une famille modeste qui vit au XXIe siècle dans un pays développé serait considérée comme très riche selon les standards de l’époque de Jésus : des besoins primaires satisfaits, l’accès aux soins médicaux, à l’éducation et de surcroit… l’usage quotidien d’une technologie dont les personnages de la Bible n’auraient même pas eu l’idée.

    Le texte de Matthieu nous invite à un certain détachement par rapport à ces richesses en nous rappelant leur caractère éphémère. Il privilégie une sobriété heureuse et choisie proche de la philosophie d’Epicure. Les biens matériels ne sont pas pour autant rejetés totalement puisque « votre Père céleste sait que vous en aurez besoin ». Cependant, ils doivent garder dans nos préoccupations une place secondaire, périphérique, car la place centrale revient à notre Foi.

    Le texte de Marc est plus provocateur : devons-nous nous séparer de tous nos biens pour être capables de suivre Jésus ? Ou pouvons-nous comprendre l’injonction dans un sens plus symbolique ? Pour être un peu taquin, il me semblerait étrange que le Christ, fasse de la foi une affaire d’argent (en l’occurrence de « non-argent »). Je crois que le commandement principal réside dans le mouvement : « suis-moi ». La richesse matérielle, dans ce cas, pose surtout problème si elle empêche ce mouvement, à la fois intérieur et extérieur.

    La société de consommation et d’accumulation nous pousse au mécontentement (caprices, avarice, quête sans fin de l’avoir et du confort) et à la satisfaction (une complaisance nombriliste vis-à-vis de ce que nous sommes).

    Christ nous commande, à mon avis, l’inverse : vivre dans le contentement (gratitude, contentement envers ce que nous avons) et l’insatisfaction : celle qui nous pousse au questionnement puis à nous rendre meilleurs, à nous dépasser pour le suivre.

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